Vintage Traveller

"On n' a jamais que la liberté que l'on se donne"

Water Festival – Yangon – Myanmar

Nous arrivons à Yangon pour la deuxième fois de notre séjour à Myanmar. Le festival commence aujourd’hui. Il est 5h du matin, on ne peut pas avoir de chambre avant 14h. Jusqu’à 11h on s’occupe, dodo, écriture, papote avec les réveillés, petit dej… Nous rejoignons Carl et Sateesh rencontrés à Bagan, qui sont à quelques rues de nous. En sortant, les enfants se font une joie de nous tremper jusqu’aux os. On essaye de les éviter mais ils sont nombreux et on sait que ce ne serait que retarder l’échéance. En avançant dans la rue, tous les locaux s’acharnent sur les étrangers. Eux ne sont pas encore trempés. On ne s’y attend pas toujours, un petit papi, une petite dame assise dans la rue… Ils nous voient arriver à des kilomètres et se font une joie de nous surprendre.  Pour vous expliquer, le water festival dure 4 jours et ce sont des jours fériés suivis du nouvel an. Ils ont deux semaines de vacances publiques, les seules de l’année et le pays s’arrête complètement de fonctionner, plus de bus, presque plus rien d’ouvert car tout le monde rejoint sa famille. L’eau avec laquelle les gens nous aspergent est pour nous souhaiter la nouvelle année et nous purifier pour recommencer l’année à zéro. On ne peut donc pas refuser de se faire arroser même s’ils s’amusent à mettre de l’eau décongelée dans leurs bouteilles.

Nous rejoignons donc Carl et Sateesh, accompagnés d’une bonne équipe, tous équipés de pistolets à eau plus ou moins gros.  Pas de questions à se poser il faut qu’on s’équipe. On part à la recherche de pistolets à eau dans le peu de magasins ouverts.  Pas une mince affaire étant donné que tout le monde en a un il y a certainement des pénuries.  Après une demi-heure nous voilà équipées, prêtes à dégainer.  On les retrouve au même endroit devant un des nombreux stands à eau à tremper les passants, les passagers des bus ou les conducteurs qui ont malencontreusement oublié de fermer leurs fenêtres. Dans toutes les rues des stands à eau, qui sont en fait des estrades équipées de tuyaux d’arrosage ou karcher plus ou moins puissants pour arroser les gens fêtant le festival grimpés dans des pick-up ou derrière des camionnettes. Ils sont sur toutes les rues principales à attendre leur tour pour se faire arroser, ce qui crée en milieu de journée des bouchons monstrueux.   Une fois qu’on s’est amusés avec nos pistolets à eau, l’un du groupe qui vit ici nous propose d’aller dans la plus grosse rue en dehors de la ville où les stands sont gigantesques. Nous voulons prendre une de ses fameuses camionnettes, on finit par en trouver une avec peu de gens dedans. Ils sont ok pour qu’on grimpe alors qu’on est au moins une dizaine.  Après quelques minutes à rouler, on comprend qu’on ne va pas dans la bonne direction et qu’ils ne fêtent pas du tout le water festival mais qu’ils vont bosser sur un chantier. C’est très drôle de se rendre compte de notre erreur. On descend donc tous et tâchons de trouver un tuk-tuk ou quoi que ce soit qui puisse nous emmener là-bas. On passe par plusieurs stands de rechargement d’eau, de grandes barriques d’eau à disposition de tout le monde qu’on trouve à chaque coin de rue. On trouve finalement un tuk-tuk pour se rendre à notre destination. Nous arrivons pendant la trêve imposée par le gouvernement entre 12h et 15h, nous allons donc manger et boire quelque chose. Les stands sont impressionnants, j’ai hâte de voir ce que ça donne. 15h la musique techno aux décibels importants est repartie, on se fond dans la masse à danser comme des fous les pieds dans l’eau sous le stand à se prendre des litres d’eau dans la tronche. On danse avec les locaux qui se joignent à nous et avec les enfants… c’est complètement fou ! La circulation n’est pas arrêtée pour que les gens dans les camionnettes puissent se faire arroser. C’est un bordel sans nom, entre l’eau qui coule à flot sur la route, les piétons, les gens qui dansent au pied des stations d’eau, les pick-up blindés de gens dansant à l’arrière du véhicule et les pauvres gens coincés dans ces bouchons. On se fait un petit pote sur notre premier spot, il doit avoir 12 ans à peu près, il nous suit toute l’après-midi et prend soin de nous, à ce qu’on ne se perde pas, nous tient la main pour traverser la route. C’est en fait un orphelin qui doit vivre au monastère. Avec Anaïs on le prend totalement sous notre aile. Il se fait virer comme un malpropre de tous les endroits où nous rentrons, ça fait trop mal au cœur, évidemment nous leur disons qu’il est avec nous.  On le traite comme si c’était notre enfant et j’adore l’entendre rire. Il est adorable. Je lui apprends à jouer au combat de pouces, très drôle.  La nuit est tombée, on est toujours aussi trempées et il est temps de dire au revoir à notre petit protégé … On prend le taxi et on le voit partir au loin sans  se retourner avec une petite larme à l’œil, trop triste.  Nous rentrons, le festival est fini pour aujourd’hui, on se douche et on enfile des affaires propres et surtout sèches pour aller dîner tous ensemble.

Aujourd’hui, deuxième jour du festival, nous sommes beaucoup moins motivées pour nous faire tremper. On ne sort que vers 14h déjeuner et rejoindre certains du groupe de la veille. Eux par contre sont toujours aussi motivés, se rééquipent de pistolets à eaux. Evidemment il est impossible de sortir en évitant de se faire tremper et on a beau faire tous les efforts du monde, ils sont tous de mèche. Nous sommes donc encore trempées, cette fois nous allons au centre de la ville, où nous nous sommes déjà rendues à notre première venue. L’endroit semble tellement différent, noir de monde, les fontaines servent de piscine et un énorme stand à eau avec de la musique a été installé. On fait moins les foufous aujourd’hui et nous rejoignons en fin d’après midi l’auberge pour se sécher. La trêve étant à 18h, nous ne risquons plus rien en soirée. Soirée tranquille.

Nous prenons l’avion à 17h aujourd’hui mais le taxi vient nous chercher à 13h. J’ai le sentiment que plus les jours avancent plus le degré de folie du festival augmente. Dès 9h, la musique est repartie, les cris de joie se font entendre et les camionnettes pleines de birmans commencent à se faire arroser. Pas question de prendre l’avion trempées, on n’a aucune chance de rester sèches si on met un pied dehors. Malheureusement même les chauffeurs de taxi qui arrivent au pied de l’hôtel se font arroser. Des petits malins sont en haut de l’immeuble de l’hôtel et dès que quelqu’un montre le bout de son nez il se reçoit une baignoire d’eau sur la tête… Personne n’est épargné, même ceux qui arrivent à l’hôtel avec leur sac à dos. Notre taxi arrive… mission : mettre nos sacs dans le coffre sans qu’ils soient mouillés et ne pas se faire tremper non plus. Un jeune homme de l’hôtel prend un parapluie pour mettre nos sacs dans le coffre. Il s’en sort plutôt bien. On fait pareil pour rentrer dans le taxi, on se protège sous un parapluie et se dépêche de grimper dedans. Mission accomplie !

On arrive à l’aéroport bien en avance, nous voilà prêtes à partir pour Phuket !

Page d’acceuil

Suivez-moi !

Inscrivez-vous maintenant et recevez un e-mail lorsque qu'il y a de nouveaux articles en ligne.

Je ne vendrai, donnerai ou partagerai jamais vos adresses mail. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

Next Post

Previous Post

Leave a Reply

© 2017 Vintage Traveller

Theme by Anders Norén