Vintage Traveller

"On n' a jamais que la liberté que l'on se donne"

Kalaw au Lac Inle – Trek – Myanmar

Nous partons donc à Kalaw, sur la route nous faisons un stop dans un village, les enfants moines nous demandent de l’argent. J’ai du mal à comprendre le sens du bouddhisme lorsque les moines viennent presque mendier. Des enfants mendient avec un bébé dans les bras, leurs habits sont vraiment sales et ils ne respirent pas la santé. Ça fait mal au cœur, le plus petit doit avoir quelques mois dans les bras d’un petit garçon de 6 ans. Ils tournent autour du mini-van espérant récupérer de l’argent mais ce n’est clairement pas une solution. Je me souviens que j’ai des petits jeux dans mon sac, des portes clés et des petites voitures, je les distribue à chacun d’entre eux, et ça a l’air de leur faire plaisir, ce qui me fait d’autant plus plaisir.

On continue la route vers Kalaw, petite ville dans les montagnes, après avoir posé nos affaires, mission de l’après-midi : trouver une agence pour faire notre trek et à l’occasion trouver un endroit pour manger. Nous allons voir seulement deux agences sur les dizaines en villes, le guide du routard conseille « sam’s family ». Nous avons finalement opté pour celle-ci. Nous partons pour 3 jours, deux nuits soit environ 65 kilomètres.

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Le lendemain matin, nous voilà parées pour le trek, départ 8h. On ne sait pas trop à quoi s’attendre mais on est motivées. Nous sommes 9 pour cette aventure : Patrick, français et militaire, Laure, suisse éducatrice spécialisée, Tobias et Iker les ex qui essayent de se supporter mais qui nous font bien rire, le couple introverti qui n’a pas l’air heureux d’être là, Sarah, l’allemande motivée même avec des ampoules sur la voûte plantaire, et nous deux. Bien sûr nous avions aussi un guide, Xin  Xin et un apprenti guide.  Tout cela fait un bon petit groupe qui ne passe pas inaperçu. C’est parti ! La première montée m’essouffle déjà … ahah on n’est pas rendus. Bon il faut bien que les muscles se chauffent. Premier objectif : le point de vue en haut d’une montagne, nous traversons une forêt, on ne souffre donc pas de la chaleur. Après quelques heures de marche à faire connaissance avec certains du groupe, nous arrivons au point de vue là où nous déjeunerons. La vue est très jolie et le déjeuner indien très bon. Pendant le déjeuner, Laure s’exclame “je viens de voir un poussin tomber du toit!” … Une poule s’est amusée à pondre sur le toit et ses poussins tombent les uns après les autres dans un buisson. Heureusement ils vont bien ! Nous repartons, malheureusement mes chaussures de randonnée me font mal comme la première fois où je les ai mises. Je ne comprends pas pourquoi ! Mais en tout cas je souffre, le frottement de ma chaussure sur ma malléole et mon tendon me rappelle que j’ai un pied. J’ai un hématome et je voudrais jeter par la fenêtre ma chaussure. Bien entendu, nos sacs étant minuscules, je n’ai pas de deuxième paire avec moi. Laure me sauve la vie et me prête ses tongs pour la dernière heure de marche.  Nous passons par des rails et marchons sur ceux-ci quelques kilomètres. J’imagine que la ligne est désaffectée. Nous sommes prêts à traverser un tunnel, lorsque le guide nous fait signe de nous dépêcher et de nous mettre sur le côté. Un train arrive ! C’est le même type de train que celui que nous avons pris à Yangon, un train de campagne à vitesse très limitée ! Nous continuons notre chemin, croisons quelques autres groupes. Une fois arrivés en haut d’une colline, nous pouvons apercevoir le village où nous allons dormir. Le soleil se couche derrière la montagne, nous sommes arrivés à la “maison”. Notre hôte nous souhaite la bienvenue, notre guide nous fait faire le tour du propriétaire. Les toilettes au fond du jardin, plutôt inquiétantes lorsqu’il fera nuit noire. Ensuite la douche, un bassin d’eau et des bols pour se laver ou plutôt rincer. La chambre, des couvertures très colorées au sol avec un coussin. Nous dormirons tous les uns à côté des autres. Un cuisinier nous suit d’étape en étape et le dîner est un régal, nous avons chacun devant nous une assiette de riz et plein d’assiettes garnies, algues d’eau douce frites, haricots, salade de poulet à la tomate, salade de tomates vertes…. tout est délicieux et nous nous explosons le bide.

Après 7h de marche, des étirements sont plutôt nécessaires, 20h 30 extinction des feux, la journée a été longue et il faut se préparer pour une nouvelle journée.

Petit déjeuner à 7h, ça commence à s’agiter vers 6h30, pas trop de courbatures à l’horizon seulement des muscles froids et mon hématome qui n’est pas joli à voir. Je tente de remettre mes chaussures mais absolument impossible, ça me lance dans toute la jambe. Laure me reprête donc ses tongs que j’enfile avec des chaussettes car évidemment le parcours de la veille en tongs m’a laissé quelques ampoules entre les doigts de pieds. Le parcours n’est pas trop compliqué. On commence toutefois la journée par une belle montée, la vue en vaut vraiment la peine mais le réveil musculaire pique un peu. Nous passons de montages en montagnes, traversons des rizières, les paysages sont magnifiques.  La saison sèche a tout son charme, moins verte que pendant la saison des pluies mais elle nous offre plein de nuances. Après quelques heures de marche je ne supporte plus les tongs, je n’imagine même pas dans quel état sont mes pieds. J’essaye de remettre mes chaussures mais la douleur est insupportable. Patrick essaye de plier ma chaussure pour éviter ce frottement douloureux mais ça ne fonctionne pas. On rejoint le groupe, le guide me met une bande au pied. Par chance le cuisinier passe par là et propose de m’emmener au point de déjeuner.  Pour moi donc, petite balade en scooter. Après 45 minutes le groupe arrive pour déjeuner tous exténués en me disant que je n’ai rien loupé. Patrick retente de faire quelque chose de ma chaussure. J’ai une nouvelle chaussure décapotable et ça a sauvé mon après-midi. L’après-midi pleine d’émotion, nous allons au bord d’une rivière pour se rafraîchir et ensuite nous traversons des rizières. La vue et le parcours sont parfaits, seules quelques frayeurs de traversée de pont en bambou ou seulement de troncs d’arbres m’ont laissée perplexe. Je ne savais pas, avant d’arriver à Myanmar que j’avais un problème avec les ponts, mais ici on trouve d’innombrables ponts suspendus, en bambou ou en bois qui tiennent par la force de l’esprit.  Deuxième nuit, deuxième village, très charmant, des petites rues en terre, des palmiers et toutes sortes de plantations qui font office de haies et de grandes maisons en bois pour loger leurs grandes familles. On ne sait encore pas trop à quoi s’attendre, mais déjà on loge dans une maison en dur, les bidons à douche sont dans des douches individuelles et nous avons un petit matelas pour dormir,  grand luxe ! On passe une bonne soirée après avoir pu prendre une douche presque normale.  Demain le petit déjeuner est annoncé à 6h, ça va piquer.

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Comme prévu réveil tôt,  à 7h nous prenons déjà la route. C’est notre dernier jour, ou plutôt dernière matinée. Ce sont les derniers 15 km, certainement les plus faciles, la route est plutôt plate et heureusement car aujourd’hui ma chaussure décapotable n’est plus suffisante. Quinze kilomètres à serrer les dents c’est un peu dur même si c’est plat. Nous sommes plusieurs à souffrir de nos pieds, la plupart à cause des ampoules. Bonne leçon pour la prochaine fois, emmener une bonne trousse à pharmacie, des chaussures basses et une deuxième paire de chaussures !

 Le bonheur d’arriver au lunch, dernier stop. Tout le monde est fatigué. Dernier petit effort, 10 minutes pour arriver au bateau, nous allons traverser tous le lac Inle en long (plutôt « dans la longueur »). Une traversée de plus d’une heure en grosse barque à moteur ^^. On se protège avec nos écharpes et serviettes du soleil pour éviter de cramer au deuxième degré.

Le spectacle est top, des barques un peu partout, des gens ramassent les algues qu’ils font frire et servent au dîner.  Un pêcheur à l’ancienne passe sa journée à poser pour les photos essayant de nous faire croire qu’il pêche. La particularité des pêcheurs ou plutôt des rameurs c’est qu’ils utilisent un de leurs jambes pour pagayer, plutôt impressionnant comme travail d’équilibre.  Nous arrivons finalement au port, pas très envie de remettre les pieds sur la terre ferme, ça va piquer ! Pas loupé, ça fait mal, on dit au revoir à tout le monde, on pense en revoir certains dans la soirée. Heureusement notre hôtel est proche du port, 5 minutes à pied, à pas de tortue. On récupère nos sacs qui sont arrivés à bon port. Deux premiers réflexes : se connecter au wifi et prendre une bonne grosse douche.

En fin d’après-midi, on rejoint Laure et on passe la soirée à l’asiatico pub, un bar avec rooftop hyper sympa, qui fait presque tâche dans cette petite ville. Les villes sont souvent organisées de façon très géométrique, des rues parallèles qui portent des numéros qui se suivent et pas vraiment de centre ville. Il n’est donc pas évident de se repérer.

Le lendemain, on se lève tranquillement après ces trois jours intensifs. On se relaxe et on prend le temps de charger nos photos et pour ma part de continuer le blog un peu laissé de côté ces derniers jours. On rejoint Tobias, Iker et Laure en fin d’après-midi et on va expérimenter le patin à roulettes birman sur une petite piste. On enfile nos patins, des sacs plastiques font office de chaussettes. Vu l’état des patins mieux vaut se protéger. J’ai l’impression d’être sur la glace, mes jambes sont trop tendues et j’ai très peu d’équilibre. Une musique de boîte de nuit nous accompagne, c’est plutôt fun. Au fil des tours, l’équilibre vient et tout va mieux. Sarah nous rejoint, on va donc prendre un verre et dîner. On décide de faire un tour en bateau tous ensemble demain avant que nous prenions notre bus de nuit pour Mandalay.

– Rendez-vous à 7h au port. On retrouve donc Iker et Laure. Une longue barque nous attend avec 4 chaises posées à la queue leu leu, le grand luxe. Nous commençons par traverser le lac, on prend plus notre temps qu’à la dernière traversée en bateau. Il est tôt et des centaines de bateaux habillent le lac, nous passons tranquillement à travers les algues et le chauffeur nous rapproche au plus près des bateaux qui ramassent les algues. Le soleil est déjà chaud mais encore supportable. Nous nous rendons dans un village flottant, il est magnifique, de grandes maisons en bois haut perchées. Il y a en fait beaucoup de villages flottants sur le lac. Nous passons par une maison de conception de bijoux en argent, puis de tissage de soie, coton et lotus. Ensuite nous nous arrêtons sur un immense marché. Les marchands de souvenirs ne manquent pas et vendent tous la même chose, mais le marché est vraiment immense et j’imagine que tous les villages flottants viennent y faire leurs provisions. Un marché labyrinthe, couvert par des bâches et qui peut facilement paraître étouffant dans cette fumée qui pique les yeux. On continue notre route par des jardins flottants et un monastère flottant. On retourne vers 15h à Nyaung Shwe. On se pose tranquillement à l’hôtel en attendant notre bus de nuit où nous retrouverons Iker. On vient nous chercher avec une heure de retard, on commençait à s’inquiéter, une fois dans le tuktuk avec Iker et une 10aine d’autres personnes, nous faisons un sacré bout de route pour finalement arriver au bus qui nous attend sur le bord de la route.

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